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La production de noix de cajou en Côte d’Ivoire

Anarcarde en Côte d’ivoire

D 28 octobre 2015     H 20:15     A     C 0 messages


De 185.000 tonnes en 2005, la production de noix de cajou est passée à 550.000 tonnes en 2014. L’anacardier occupe une superficie estimée à 420.000 ha et procure des moyens de subsistance à plus de 1,5 millions de personnes. L’anacardier est cultivé dans 18 régions administratives, notamment au nord et au centre du pays. Ce dynamisme fait de la Côte d’Ivoire le second plus gros producteur mondial et le premier exportateur de noix de cajou.

Dernière née des cultures de rente du nord, la noix de cajou est cependant loin d’être le petit poucet de l’agriculture ivoirienne. Cette filière en plein essor a connu depuis une dizaine d’année une croissance annuelle d’environ 10 % et fait vivre plus de 250.000 producteurs et leurs familles.

Histoire de l’anacardier en Côte d’Ivoire

Cette plante originaire de l’Inde appartient à la même famille botanique que celle du manguier. L’administration coloniale l’introduit en 1957 dans le centre et le nord du pays afin de lutter contre la désertification et l’érosion des sols. La plante avait été introduite à des fins de boisement et aucune exploitation commerciale des noix de cajou n’était envisagée.

En 1970, on dénombrait environ 5.000 ha d’anacardier, essentiellement concentrés dans les Régions du Gbêkê et du Tchologo. L’année 1970 marque également le début de l’exploitation commerciale des noix de cajou. Deux ans plus tard est créée la Société pour la Valorisation de l’Anacardier dans le Nord (SOVANORD). Cette société opérera durant 3 années avant de faire faillite en raison de coûts de transport prohibitifs vers l’Inde. Des commerçants indépendants reprendront les exportations vers l’Inde en 1983. Depuis cette date, les volumes exportés n’ont cessé de croître.

Commercialisation

Autrefois anarchique et inégalitaire, la commercialisation de l’anacarde est aujourd’hui sous le contrôle de l’Etat, qui fixe et garantit les prix d’achat au producteurs. Cette politique est à l’origine du regain d’intérêt que connait l’anacardier depuis quelques années. Différents acteurs, notamment des entreprises indiennes et des coopératives, interviennent dans l’achat de la production aux producteurs. Ces entités revendent ensuite le fruit de leurs achats aux usines de transformation basées en Inde.

Transformation locale

La quasi-totalité de la production d’anacarde (98%) est exportée. La transformation locale est encore léthargique et ne concerne que la transformation en amande. L’Inde, unique destination de la production ivoirienne a récemment fait savoir qu’elle ambitionnait de devenir autosuffisante en noix de cajou, faisant peser de sérieuses menaces sur la filière ivoirienne. La Côte d’Ivoire décidé de conjurer le mauvais sort en finançant et encourageant l’implantation d’unités de transformation.

Difficultés

L’une des premières difficultés est l’encadrement technique des producteurs. Ces derniers n’ont pour la plupart aucune maîtrise de l’itinéraire technique ; ce qui se traduit par une très grande hétérogénéité au niveau des parcelles. A ce problème s’ajoute le manque de débouchés de la production, qui s’il n’est pas rapidement endigué, risque d’annihiler les efforts entrepris par l’État pour développer ce secteur. Conscients de ces défis, l’état ivoirien pris depuis quelques années des mesures de correction à travers la réorganisation de la filière, l’assistance à la commercialisation et l’intensification de la transformation locale.

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