Vous êtes ici : Accueil » Agriculture » Productions » Cultures » Culture du palmier à huile en Côte d’Ivoire

Palmier à huile en Côte d’Ivoire : évolution et caractéristiques

Culture du palmier à huile en Côte d’Ivoire

D 1er décembre 2015     H 16:14     A     C 4 messages


agrandir

Originaire d’Afrique, le palmier à huile a depuis toujours fait partie des paysages ouest-africains. Les fruits servaient et servent encore à confectionner des sauces et de l’huile rouge, tandis que du vin de palme était extrait du cœur. Les aides étatiques et l’implication des agro-industries ont fait de la filière palmier à huile l’une des plus dynamiques et des plus prometteuses du pays.

Avant l’ère coloniale, les populations exploitaient des colonies spontanées de palmiers à huile, qui étaient préservées lors du défrichage des forêts. Une fois installée, l’administration coloniale exploita cette plante mais de manière traditionnelle.

Évolution de la culture du palmier à huile

Le développement du palmier en tant que culture de rente principale débuta réellement en 1963 avec le premier « plan palmier ». Ce plan, qui débuta en 1963 et s’acheva en 1985, fut géré par la PALMINDUSTRIE, une société d’état chargée de mettre en place un système intégré de production. Cette structure d’état eût notamment en charge l’extension des superficies, de même que la collecte et la transformation des régimes en huile de palme non raffinée. Ce plan, qui entra dans le cadre de la politique de diversification agricole, permit la création de 75 681 ha, dont 27 737 ha de plantations villageoises et 47 943 ha de plantations industrielles. Il a coûté la bagatelle de 19 milliards 251 millions de FCFA.

D’un coût de 33 milliards de FCFA, le second plan palmier a, quant à lui, contribué à la réalisation de 49.800 ha de plantations villageoises et 17.700 ha de plantations industrielles. Ce plan, qui s’est étalé sur 5 ans (1986-1990), a également permis la construction d’une huilerie à Neka et d’une autre à Blidouba. L’année 1990 voit le retrait progressif de l’état de la filière avec la liquidation des sociétés d’état en charge de la gestion de la filière. Trois entreprises privées, à savoir la SIPEFCI, PALMAFRIQUE et PALMCI se partagent désormais les actifs de l’ex-PALMINDUSTRIE.

Caractéristiques de la production

L’essentiel de la production (environ 77%) provient des plantations villageoises. Ces plantations au rendement plutôt modeste (7 à 8 tonnes/ha) approvisionnent les agro-industries du secteur à hauteur de 60%. Ces producteurs au nombre de 33 500 possèdent 160.000 ha de plantations et sont réunis au sein de 26 coopératives.

Les plantations industrielles, plus productives (12 à 14 tonnes /ha) couvrent, quant à elles, une superficie estimée à 50.000 ha. La production globale de régime est transformée par 14 unités de première transformation en 350.00 tonnes d’huile de palme brute. Des amandes palmistes sont également extraites 11.000 tonnes d’huile palmiste.

Ces produits sont eux-mêmes transformés par les industries de seconde transformation en savons, cosmétiques et huile de table. Seul 25% de cette production est exportée notamment vers les pays de l’UEMOA. La plus grande partie de la production (environ 75%) est consommée sur place.

Forces et faiblesses de la filière

La filière dispose d’atouts importants, notamment un climat très favorable à la culture. La Côte d’Ivoire dispose en sus de structures de transformation, dont les capacités sont largement sous-exploitées. La demande est également très importante dans la sous-région. L’atout majeur demeure sans nul doute la recherche. En effet, le CNRA (Centre National de Recherche Agronomique) est le leader mondial de la recherche sur le palmier et les variétés qu’il a mises au point sont demandées par tous les pays producteurs d’huile de palme.

Le principal handicap est le manque de compétitivité de la filière comparativement à celles des pays du continent asiatique. La raison principale de ce handicap provient en particulier de la faiblesse de rendement des plantations villageoises ivoiriennes, qui ne produisent que 7 à 8 tonnes de régimes par an, là où leurs congénères Malaisiens réalisent 15 tonnes.

Dans la même rubrique

1er décembre 2015 – Production cotonnière ivoirienne

1er décembre 2015 – Cultures de rente de Côte d’Ivoire

2 novembre 2015 – Avocat de Côte d’Ivoire

2 novembre 2015 – Papaye en Côte d’Ivoire

2 novembre 2015 – Cola de Côte d’Ivoire

2 Messages

  • J’etais un ancien chef d’une àAnguededou et Eloka.
    Pouvez-vous me donner des nouvelles de ces deux huileries où j’ai passé 18ans de ma vie à fabriquer des tonnes et des tonnes d’huile de palme .Je salue les Ivoiriens qui m’ont connu.
    andré Galtier


  • Bonjour Monsieur,
    Je suis Doctorant en Génétique au programme palmier à huile à la station de La Mé (CNRA). Aidez moi s’il vous plaît à obtenir les données récentes sur un certain nombre paramètres à savoir : la superficie totale que occupe la culture du palmier en Côte d’Ivoire en 2015, le tonnage en huile brute/année. Je veux toutes ses données accompagnées de références dans le but d’actualiser ma bibliographie.
    merci infiniment.


    • Bonjour Monsieur Ekra,

      Nous pouvons vous donner les informations suivantes :

      - Superficie occupée par la culture du palmier à huile en Côte d’Ivoire : entre 250 et 300 000 hectares ;
      - Régimes de palmes / an : 1 800 000 tonnes ;
      - Production d’huile de palme brute en 2015 : 400 000 tonnes.

      Vous pouvez recouper ces données et trouver diverses sources en vous adressant au fonds d’extension et de renouvellement pour le développement de la culture du palmier à huile en Côte d’Ivoire.

      Cordialement

Un message, un commentaire ?
modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message

Rechercher